Billet du Secrétaire Général : DE BON AUGURE : CSEN, le renouveau

Jean-Claude HALTER

L’heure est aux vœux. Secrétaire-général de la CSEN c’est avec joie que je sacrifie à la tradition, souhaitant à nos syndicats, et à ceux qui les font vivre, adhérents, cadres, représentants élus dans les instances, le succès et la prospérité en 2016. J’en formulerai un autre encore pour notre confédération : l’union, gage de notre succès récent, il y a un an, et gage de la pérennité des idées que nous portons.

Je porte ces vœux avec d’autant plus de sérénité que 2015 s’est conclue pour nous par le Xe congrès de la CSEN, tenu les 10 et 11 décembre 2015 à Strasbourg-Vendenheim, Ce congrès a été l’occasion de nombreux débats et de très nombreux et francs échanges entre les congressistes des différentes organisations syndicales composant la CSEN-FGAF. Il nous a permis de porter un regard commun sur notre passé et notre renouveau.

Qu’est-ce que la CSEN ?
Un bref retour sur l’histoire de notre confédération nous a ramené au principe : la volonté de syndicats de l’enseignement public qui se reconnaissaient dans une même idée de l’Ecole. Elle est marquée par l’exigence de la transmission des savoirs, par la nécessité de porter avec eux et par eux la culture de notre pays et les valeurs de la République. Elle pose que cela n’est possible qu’avec la défense intransigeante du respect des personnes qui la servent, dans leurs classes, leurs cours, leurs laboratoires et leurs bureaux.
La CSEN a été créée le 5 janvier 1984 par 5 syndicats dont le SNALC, les Autonomes du supérieur et l’USNEF (syndicat du 1er degré), pour faire pendant à la FEN, aujourd’hui disparue. En 1989 l’USNEF fusionne avec le SNADE (syndicat de directeurs) pour former le SNE. Elle sera rejointe par le SPLEN-SUP, second syndicat des ITRF dans l’enseignement secondaire à l’issue des dernières élections professionnelles.
Pour répondre à l’élargissement nécessaire de nos perspectives communes sur l’ensemble de la fonction publique, c’est très naturellement que la CSEN a rejoint la FGAF, en 2009. Elle en constitue la fédération primaire, c’est-à-dire le « portail d’entrée » pour toutes les organisations syndicales de l’Education tant du public que du privé : tout syndicat de l’Education qui veut s ‘affiler à la FGAF doit obligatoirement adhérer préalablement à la CSEN.
Parce que la pérennité de la fonction publique est un enjeu européen, la CSEN est une des organisations qui en 1990 ont fondé la CESI, Confédération Européenne des Syndicats Indépendants,
La CESI, c’est un peu plus de 5 millions d’adhérents répartis entre 45 organisations syndicales de 28 pays membres ou en voie d’adhésion à la communauté européenne. En 2005 la CESI a été reconnue comme partenaire social européen.

Le renouveau :
Les élections du 4 décembre 2014 ont été pour nous un succès. Dans l’enseignement secondaire, la CSEN-FGAF grâce aux listes SNALC-SNE confirme et accroît sa représentativité syndicale, nationale, académique et départementale. La CSEN-FGAF recueille des voix dans des corps, inspection, chefferie d’établissement, aux commissions desquelles elle n’avait jamais présenté de candidats. Dans l’enseignement supérieur, le SPLEN-SUP conserve son siège à la CAPN des ATRF et obtient au total 17 sièges en CAPA, et siège dans 14 académies.
Mais c’est l’obtention d’un siège au CT du Ministère de l’Education Nationale (MEN) qui a été assurément le fait marquant de cette mandature. Par elle, la CSEN a retrouvé la place qu’elle n’aurait jamais du perdre dans le paysage syndical de nos métiers. Ce siège au CT est aussi synonyme d’une augmentation conséquente de nos ETP, qui ont été répartis en parfaite transparence entre les différentes organisations, à la satisfaction de toutes. Depuis la rentrée 2015 nous avons pu travailler beaucoup plus sereinement qu’en 2014. Les résultats ne se sont pas fait attendre. L’augmentation significative de nos adhérents, nos nombreux « passages » dans les médias en sont la preuve.
Nous savons que ce succès révèle que nous sommes une « nécessité ». Nous n’avons jamais changé de discours, parce que nous sommes gens de conviction, indépendants d’esprit et qui ne cèdent pas aux modes. C’est ce discours, dans un temps de doute, que nos collègues veulent entendre. Le siège au CTM répond aussi à la qualité de notre service d’autrui, que nous devons sans cesse améliorer. Mais il a aussi une cause majeure. Nous avions dû affronter les élections de 2011 dans de tristes conditions : une volonté délibérée du « pouvoir » qui instaurait un nouveau mode de scrutin peu favorable aux organisations indépendantes. Nous avons abordé celles de 2015 dans une parfaite et forte union, construite dans le respect de l’autre. Et nous avons gagné. F Portzer, président du SNALC se félicitait du partenariat SNALC-SNE. Il précisait que pour le MEN: « l’association des deux organisations est indispensable pour l’obtention d’un poste au CT ». Cette fois, celui-ci a été obtenu à la plus forte moyenne, il faut que dans quatre ans ce poste soit obtenu d’emblée. Il est vrai que rien n’est jamais acquis, et que le siège s’est « joué » à 800 voix.

Aujourd’hui on constate que dans les Académies où chaque organisation joue franc-jeu, cette parfaite entente est profitable à chacune d’entre elles. Secrétaire-général de la CSEN, je réaffirme et reprends à mon compte ces propos : cette parfaite entente est in-dis-pen-sable à la réussite des prochaines élections. Je veillerai au bon fonctionnement de la CSEN, et surtout au respect des statuts et des engagements pris lors des bureaux et conseils confédéraux. Car la concorde à l’intérieur est la condition sine qua non de notre succès à l’extérieur. Les syndicats de la CSEN ne sont pas seulement force de revendication, de contestation, ils sont aussi, et c’est important, une force de proposition reconnue.
« Pour un lycée de tous les savoirs », « Vers un collège modulaire », et « Une école des fondamentaux » en sont la preuve. La qualité de notre défense des intérêts de nos collègues et par lui de la défense de l’intérêt public en est une autre. Pour que notre idée de l’Ecole s’épanouisse, il faut la sérénité de ceux qui la nourrissent et la portent. Nous en serons tous garants.