LA VERITE SUR LE PROJET EPSF - le SNE au ministère

Suite à sa demande de dialogue social, le SNE a été reçu en audience au Ministère le lundi 1er avril pour discuter de l’amendement concernant le projet d’EPSF (Etablissements Publics des Savoirs Fondamentaux).

Lors d’un échange bilatéral, nous avons pu préciser notre pensée.

Sur le choix très discutable de la méthode tout d’abord, qui s’apparente à un passage en force. Cet article 6 quater du chapitre Ier du Titre II du projet de Loi Blanquer a été présenté et voté en moins d’une heure à l’assemblée en présence d’un nombre très réduit de députés. Sans discussion préalable avec les partenaires sociaux.

Sur le point d’entrée d’une évolution de la direction d’école : ce projet n’est pas ce qui est attendu prioritairement sur le terrain. Il ne fait qu’ajouter de la complexité, en créant un maillon hiérarchique supplémentaire, alors que l’IEN suffit amplement à notre avis. Il va de surcroît diviser la profession en deux groupes, la majorité des directeurs étant écartés d’une évolution à laquelle beaucoup aspirent.

Pire, au lieu de reconnaitre le travail et l’engagement des directeurs au quotidien, ce projet réduirait leurs missions, ce qui est vécu comme un déclassement, puisque les directeurs des petites écoles n’auraient plus que les tâches quotidiennes « subalternes » à accomplir. Le SNE rappelle au passage qu’il ne demande pas une réduction des missions, mais du temps et des moyens pour les mener à bien, c’est ce qui nous différencie de bon nombre d’organisations syndicales.


Le Ministère s’est voulu rassurant : s’il devait voir le jour, ce projet d’EPSF ne serait établi que la base d’un consensus entre tous les acteurs de la communauté éducative (parents, enseignants, municipalités). Nous avons insisté pour que les conseils d’école puissent donner leur avis, et exprimer leur veto. Nous avons demandé qu’un courrier du ministre soit adressé à l’ensemble des directeurs pour les rassurer sur ce point.

Ce courrier a été envoyé dès le lendemain de notre audience (2 avril), preuve que le SNE a été entendu.

Ainsi que nous le souhaitions, le chantier de la direction d’école sera ouvert dans les semaines à venir, afin de débattre avec les organisations syndicales des aménagements à venir.


Le SNE va plus loin

Nous avons insisté sur le fait que le projet de Loi doit proposer d’autres évolutions, car pour le moment ce projet d’EPSF est le seul élément de la « boîte à outils » de notre ministre (cf interview FB). Nous avons évoqué l’augmentation du volume de décharges, la reconnaissance statutaire (faire des directeurs un corps spécifique), ou la création d’un secrétariat (toutes ces pistes sont évoquées dans le rapport).


Le SNE sera présent et usera de toute son influence pour améliorer les conditions de travail et le quotidien des directeurs, lesquels sont les véritables garants du bon fonctionnement de l’école publique, en cette période de doute et de contexte social tendu.

Laurent Hoefman, secrétaire général